Les mots médicaux

par Jacques Gauthier

Mauvais genre

Madame la Professeure cheffe de pôle : cette désignation répond à l’objectif du rapport de la Commission de féminisation des noms de métier, fonction et grade (1984), évolution sociolinguistique visant à l’émancipation del a femme.
Sous la pression idéologique, l’Académie Française a statué qu’il n’existait “aucun obstacle de principe” à la féminisation des métiers. De plus en plus, le terme masculin devient épicène (comme maire, ministre,garde des sceaux, philosophe) employé avec un article féminin ou masculin.
Reste que le débat n’est pas clos, tous les corps de métier ne s’accordent pas ; ainsi l’armée a opté pour la désignation sergente-chef car le 2e terme désigne une fonction sans connotation de genre.
Evoquer une consoeur ne laisse aucun doute sur le genre de la personne, l’usage a conforté les désignations de “la cardiologue”ou “la dentiste” ; Adulte, bénévole, collègue, élève, enfant, malade, partenaire… sont quelques exemples de substantifs épicènes, identiques au masculin et au féminin :
Les noms masculins terminés par une consonne se féminisent aisément en ajoutant un “e” exception faite pour “médecin” vu l’emploi réservé du mot médecine pour la profession. Idem pour les noms en “eur”,qui peuvent se féminiser par l’ajout du “e”(docteure, auteure…) sauf lorsqu’un verbe correspond au mot (chercheur-euse).
Doctoresse, mairesse… sont tombées en désuétude ainsi que des titres dont le sens était “épouse de” comme la maréchale,l ’ambassadrice… Si vous vous adressez à une Maître de Conférences, gardez-vous de la nommer Madame et chère Maîtresse ce qui serait équivoque sur la relation entretenue. Issu du latin qui disposait de genres masculin, féminin et neutre, le français s’individualise à la renaissance avec deux genres grammaticaux : le masculin et le féminin.
Les mots épicènes y sont minoritaires. Le masculin devient générique ou neutre.
Enfin, et c’est l’essentiel, la profession médicale se féminise…

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