Covid-19 : ce que révèle le classement des experts médicaux les plus médiatisés

(The Conversation – Hervé Joly) Jamais avant cette crise sanitaire le ministère et les administrations de la Santé n’avaient eu autant de poids dans les politiques publiques, au point notamment d’en faire oublier des règles budgétaires qui paraissaient jusqu’alors intangibles, et justifiaient notamment depuis des décennies de limiter la progression de dépenses de santé. Nous n’avions jamais vu non plus les médias grand public envahis par autant de spécialistes des sciences médicales. Plusieurs d’entre eux ont ainsi, à travers cette crise, acquis une notoriété nouvelle ou renforcé une notoriété limitée.

Le critère retenu ici pour mesurer sommairement cette audience est celui du nombre d’occurrences de leur « prénom nom » sur le moteur de recherche Google Actualités. Il peut bien sûr y avoir des biais mineurs, en cas d’homonymies, de mentions du seul nom, ou d’interventions récentes sur d’autres sujets.

Ce critère ne fait pas non plus de différence entre communication maîtrisée par l’intéressé et réactions positives ou négatives. Ne sont pris en compte ici que les spécialités qui sont directement liées à la Covid-19, la virologie, l’infectiologie, l’épidémiologie, l’immunologie, la santé publique et la réanimation. Des interventions de représentants d’autres spécialités plus éloignées, comme celles du généticien Axel Kahn ou du chirurgien urologue blogueur Gérard Maudrux, ne sont pas intégrées.

Des « mâles blancs » plutôt parisiens

Si l’on fixe le seuil à 500 occurrences sur Google Actualités, on arrive à un corpus de près d’une quarantaine de personnalités, avec des écarts considérables. En effet, le premier, sans surprise le controversé Didier Raoult, professeur de microbiologie à la faculté de médecine et à l’institut hospitalo-universitaire de Marseille, avec 1,5 million d’occurrences, n’est suivi que de très loin par Éric Caumes, chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris (69 700), Jean‑François Delfraissy, président du conseil scientifique (52 500), Bruno Lina (46 600), professeur de virologie au CHU de Lyon et membre du conseil scientifique, Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille (32 600), et les autres. [Lire la suite]

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