Deuxième jour de baisse du nombre de patients en réanimation, « un plateau semble s’amorcer »

(APMnews) – Pour la deuxième journée consécutive, le nombre de personnes en réanimation pour infection au Covid-19 a très légèrement baissé en France vendredi, a rapporté, lors de son point presse quotidien, Jérôme Salomon, directeur général de santé (DGS), pour qui « un plateau semble s’amorcer ».

Dans les 1 148 établissements de santé qui prennent en charge les malades atteints par le Covid-19, le solde entre les patients entrés en réanimation et ceux qui en sont sortis est « pour le deuxième jour consécutif, légèrement, très faiblement négatif », avec un solde négatif de 62 patients.

Jeudi, Jérôme Salomon avait annoncé la première baisse, légère mais inédite, du nombre de malades en réanimation pour infection au Covid-19, avec un solde négatif de 82 patients, rappelle-t-on. Les causes de sortie des services de réanimation n’ont pas été précisées, relève-t-on.

« Un plateau semble s’amorcer », a déclaré Jérôme Salomon, précisant qu’il s’agit néanmoins d’« un très haut plateau ».

Il a également alerté sur le fait que le nombre d’entrées strictes en réanimation a augmenté entre la journée de jeudi et celle de vendredi, où respectivement 369 et 431 nouveaux patients ont été admis.

Au total, 31 267 personnes sont actuellement hospitalisées (incluant ceux en réanimation) pour une infection au Covid-19, soit 3 161 nouvelles personnes en 24 heures, a détaillé le DGS.

Parmi les 7 004 patients hospitalisés en réanimation, 34 % ont moins de 60 ans, 61 % ont entre 60 et 80 ans. On compte 98 personnes de moins de 30 ans.

Il y a 148 patients hospitalisés dans les outre-mer, dont « 43 patients en réanimation ».

Parallèlement, plus de 25 000 personnes guéries sont sorties de l’hôpital.
Jérôme Salomon a rappelé que 45 patients ont été transférés aujourd’hui grâce à deux TGV médicalisés vers la Nouvelle-Aquitaine.

Citant les chiffres de Santé publique France, il a relevé que, depuis le début de l’épidémie, 90 676 cas confirmés ont été recensés, soit 3 442 cas de plus que jeudi. Et depuis le 1er mars, 65 420 hospitalisations ont été dénombrées.

Concernant la surveillance syndromique, les services d’urgences ont accueilli 2 407 passages pour de suspicion d’infection Covid 19: 40% ont débouché sur une hospitalisation et 2,5 % des patients ont directement été pris en charge en réanimation. « C’est un nombre un peu plus faible qu’hier » (2 613), a fait remarquer Jérôme Salomon.

SOS médecins est intervenu 690 fois, dans la journée de jeudi, pour une suspicion de Covid-19 (contre 783 fois mercredi).

Dans les 5 141 établissements sociaux et médico-sociaux qui ont déclaré participer activement à la remontée des données, 34 193 cas avérés ou présumés de Covid-19 ont été dénombrés, dont 10 502 sont des cas confirmés.

Un niveau « exceptionnel » d’excès de mortalité pour la semaine 14

Depuis le 1er mars, 13 197 décès en lien avec cette épidémie ont été enregistrés en France : 8 598 décès enregistrés à l’hôpital (554 décès supplémentaires par rapport à jeudi) et 4 599 décès survenus en établissements sociaux et médicaux sociaux « en particulier les Ehpad [Etablissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes] » (433 supplémentaires par rapport à jeudi).

Un premier décès est à déplorer chez un enfant de moins de 10 ans, alors qu’il était hospitalisé en réanimation en Ile-de-France. Jérôme Salomon a précisé que « les causes de décès semblent multiples ».

L’« excès de mortalité se renforce à l’échelon national », a déclaré Jérôme Salomon, s’appuyant sur les chiffres de l’Insee. Déjà en semaine 13 (23 au 28 mars), une augmentation de 33 % de la mortalité sur le territoire avait été observée. Pour la semaine 14 (30 mars au 5 avril), cela « atteint un niveau exceptionnel de + 48 % ».

Désormais, un excès de mortalité sur cette 14e semaine est observé dans 10 régions : huit étaient déjà connues, Grand-Est, Ile-de-France, Bourgogne Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes, Hauts-de-France, Centre- Val de Loire, Pays de la Loire, Normandie, et auxquelles s’ajoutent désormais l’Occitanie et la Corse.

A l’échelon départemental, 40 départements présentent un excès de mortalité en semaine 14, dont sept à un niveau « exceptionnel ». Il s’agit du Haut-Rhin, de la Moselle, Paris, la Seine-Saint-Denis, les Hauts-de-Seine, le Val- de-Marne et le Val d’Oise.

Continuité des soins

Jérôme Salomon s’est adressé aux patients lors de ce point presse : « le confinement ne doit pas vous empêcher de poursuivre vos soins ». « Le Covid-19 n’est pas la seule maladie, n’est pas la seule cause de décès sur notre territoire national. »

Il a rappelé la mise en place d’« outils de téléconsultations » pour « les situations où un déplacement n’est pas indispensable ou n’est pas nécessaire, ou n’est pas souhaitable ».

Alors que le syndicat de médecins libéraux MG France a alerté jeudi sur le peu de place accordé à la profession dans la lutte contre l’épidémie, Jérôme Salomon a « remerc[ié] » les médecins généralistes et les professionnels de santé qui exercent en ville. « Votre mobilisation est remarquable, notamment en lien avec les communautés territoriales professionnelles de santé [CPTS], et le restera dans les semaines à venir », a-t-il assuré.

Concernant les tests virologiques, Jérôme Salomon a annoncé que la France a « acquis une vingtaine d’automates qui permettent de faire du séquençage à haut débit« . « Nous sommes donc en train de renforcer sur l’ensemble du territoire national l’accès aux tests dans tous les laboratoires », a-t-il expliqué, rappelant avoir mobilisé des laboratoires « qui n’en faisaient pas jusqu’à maintenant ».

Parution « imminente » de textes sur l’IVG médicamenteuse

Interrogé vendredi par APMnews sur la date de parution des textes réglementaires permettant de réaliser par téléconsultation l’ensemble des consultations nécessaires aux IVG médicamenteuses (information et remise des ordonnances, prise du médicament qui arrête la grossesse, téléconsultation de contrôle dans les 14 à 21 jours qui suivent), dans le contexte de l’épidémie de Covid-19, le DGS a fait savoir qu’elle était « imminente ».

D’autre part le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, avait annoncé avoir saisi en urgence la Haute autorité de santé (HAS) afin d’émettre un avis sur la possibilité d’étendre le délai de réalisation des IVG médicamenteuses hors milieu hospitalier de 7 à 9 semaines d’aménorrhée).

La HAS a publié son avis vendredi soir, favorable à cet allongement du délai pour l’« IVG médicamenteuse à domicile jusqu’à 9 semaines d’aménorrhée », et dans lequel elle décrit les modalités de cette extension.

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