Point de vue : les nouveaux médicaments remboursés pour les patients diabétiques et/ou à très haut risque CV

Le blog du Dr Boris Hansel – Diabétologue et nutritionniste 

Medscape – Aujourd’hui je parlerai de trois médicaments qui peuvent être très utiles dans la prise en charge de nos patients diabétiques et/ou à très haut risque cardiovasculaire. Ces trois médicaments partagent une caractéristique commune : ils sont remboursés depuis peu par l’Assurance maladie. La parution au Journal Officiel concernant ces remboursements est passée un peu inaperçue, le premier ayant eu lieu en plein confinement et les deux autres en plein été.

La dapagliflozine

Le premier est la dapagliflozine, un médicament antidiabétique oral de la classe des inhibiteurs SGLT2 qui agit en bloquant la réabsorption rénale du glucose — cela provoque une glycosurie et donc une baisse de la glycémie. Ce médicament est vendu en France sous le nom de FORXIGA ou, quand il est associé à la metformine, sous le nom de XIGDUO. Ce n’est pas un nouveau médicament et ce n’est pas le seul de cette classe. La dapagliflozine est commercialisée depuis octobre 2012 en Australie, donc on a du recul, et depuis également plusieurs années dans d’autres pays d’Europe. D’autres gliflozines semblent également intéressantes, mais pour des raisons administratives elles n’ont toujours pas de remboursement en France et ne peuvent donc pas être utilisées.

Les anti-PCSK9 alirocumab et évolocumab

Les deux autres médicaments dont je voulais parler sont les anticorps anti-PCSK9, de puissants hypolipémiants. Ce ne sont pas non plus de nouveaux médicaments — ils sont commercialisés depuis plusieurs années — mais n’étaient remboursés en France jusqu’à juillet 2020 que dans les indications d’hypercholestérolémie familiale, génétique (avec une preuve génétique de la maladie). Depuis l’été 2020, le remboursement est possible chez des patients qui sont malades du cœur et/ou des artères avec des indications un peu différentes selon les molécules — on en a deux :

  • Le premier est l’alirocumab (PRALUENT), avec un remboursement chez les patients qui ont fait un syndrome coronarien aigu ― c’est basé sur l’étude ODYSSEY Outcomes dans laquelle on a un effet puissant non seulement sur le cholestérol, mais aussi sur les maladies cardiovasculaires, avec une diminution de la mortalité totale.
  • La deuxième molécule est l’évolocumab, commercialisée sous le nom de REPATHA, qui a un remboursement chez des patients stables depuis plusieurs mois, et qui ont fait un infarctus du myocarde, un AVC ischémique ou qui ont une artérite des membres inférieurs symptomatique.

Donc ce sont des indications un peu différentes, mais globalement, avec ces deux médicaments, on peut soigner la plupart des patients qui ont une maladie athéromateuse, quelle que soit la localisation – cérébrale, coronaire ou des membres inférieurs. L’indication est uniquement chez les patients qui ont un LDL cholestérol au-dessus de l’objectif qui était fixé ici à 0,70 g par litre, et en association, bien évidemment, avec un traitement a minima par statines, et éventuellement avec association statine + ézétimibe. Ce sont des médicaments d’exception, donc prescrits uniquement par des spécialistes, et qui doivent être renouvelés également par les spécialistes, contrairement à la dapagliflozine qui doit être initiée par un spécialiste, mais qui peut être renouvelée par le médecin généraliste.

Voilà pour ce qui est des médicaments pour lesquels on a plutôt des bonnes nouvelles, parce qu’on attendait de pouvoir les prescrire.

Le liraglutide ?

Il y a un médicament dont on attend encore un remboursement, et je ne sais pas si on l’aura ou pas — on est en retard par rapport à d’autres pays européens — c’est le liraglutide à la dose de 3 mg, donc le SAXENDA, qui a une indication, un AMM européen, dans le traitement de l’obésité, et qu’aujourd’hui on ne peut pas prescrire parce que non remboursé en France. Ce médicament, vous le connaissez sous le nom de VICTOZA, puisque c’est le même, mais dosé au maximum à 1,8 mg, qui est prescrit comme traitement antidiabétique oral.

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Les opinions exprimées dans cet article ou cette vidéo n’engagent que leur(s) auteur(s) et ne reflètent pas nécessairement celles de WebMD ou Medscape – Medscape – 3 sept 2020.

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