Vulnérabilité à la Covid-19 : que sait-on des différences entre hommes et femmes ?

(The Conversation – Catherine Vidal) Dans la plupart des régions du monde, les chiffres sont saisissants : les hommes sont statistiquement plus nombreux à mourir de la Covid-19 que les femmes. Aux États-Unis, à la mi-octobre, 54 % des décès dus au coronavirus SARS-CoV-2 concernaient des hommes, d’après les chiffres des Centres de contrôle des maladies. En France, selon le point épidémiologique hebdomadaire de Santé publique France du 22 octobre consacré à l’épidémie de Covid-19, sur les 142 654 patients ayant été hospitalisés depuis le 1er mars, 53 % étaient des hommes, lesquels représentaient aussi 59 % des 22 873 patients décédés à l’hôpital. Le constat est le même dans de nombreux pays de cultures et de niveaux économiques différents.

Les femmes seraient-elle épargnées de par leur constitution biologique ? Seraient-elles naturellement protégées par leurs gènes et leurs hormones ? La réalité est probablement bien plus complexe.

L’hypothèse hormonale mise à mal par les chiffres

L’hypothèse d’une protection hormonale est régulièrement reprise dans les médias et sur les réseaux sociaux. Ainsi le New York Times titrait le 27 avril : « Est ce que les œstrogènes et autres hormones sexuelles peuvent aider les hommes à survivre à la Covid ? ».

L’article se faisait l’écho de deux essais cliniques en cours aux États-Unis, visant à évaluer les effets de l’administration d’oestrogènes ou de progestérone (des hormones gonadiques présentes en plus forte concentration chez les femmes que chez les hommes), chez des patients présentant des symptômes modérés de la maladie. À ces essais cliniques s’en ajoute un troisième, qui étudie l’influence de la réduction médicamenteuse du taux de testostérone… [En savoir plus]

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