VINCENT PRADEAU, PRÉSIDENT DU CNPCV

Bonjour Vincent Pradeau. L’Amicale des Cardiologues de Bordeaux Aquitaine (ACBA) vient de rejoindre le CNCF,

 

 Quels sont vos projets pour la région ?

Unifier l’offre de formation portée par les structures professionnelles de la cardiologie pour la partie nord de notre vaste région. Traditionnellement le Syndicat Régional des Cardiologues d’Aquitaine et l’ACBA avaient chacun leurs formations. A l’heure où les organismes de formation commerciaux font florès, simplifier l’offre était indispensable. Illustrer par l’exemple local girondin de l’adhésion de l’ACBA, le rapprochement entre le CNCF et le Syndicat National des Cardiologues voulu au plan national par Marc Villacèque et Serge Cohen. Porter grâce à cette synergie le projet d’un congrès de la cardiologie libérale à Bordeaux

Pouvez-vous nous présenter votre association ?

L’Amicale des Cardiologues de Bordeaux Aquitaine, à ne pas confondre avec son homonyme mais néanmoins amie l’Amicale des Cardiologues du Bassin de l’Adour, existe depuis la fin des années 1980 créée sous l’impulsion de Georges Fel et de Pierre Pouydebat. Eric Parrens en est le président et l’anime depuis les années 2000. J’ai rejoint le bureau depuis une quinzaine d’années. Période Covid mise à part, nous faisons 3 à 4 samedis de formations par an qui regroupent à chaque fois une quarantaine de cardiologues pour un nombre d’adhérents autour de 120.

Pouvez-vous nous décrire votre cursus professionnel ?

J’ai fait mes études de médecine à Limoges. J’ai vu mes premières échographies cardiaques lors de mon passage en cardiologie en 4e année. Le responsable du laboratoire d’échographie s’appelait alors Pascal Guéret, les internes Arnaud Maudière, Philippe Vignon,Victor Aboyans, Serge Boveda…

J’ai choisi de rejoindre Bordeaux pour l’internat à une époque où la ville était moins en vogue qu’aujourd’hui.

La première partie de ma formation a été très rythmologique sous la houlette de Michel Haîssaguerre et Philipe Lemétayer pour finalement prendre une orientation très échocardiographique avec un poste de faisant fonction de PH dans le service de Raymond Roudaut pendant 10 mois, orientation qui a persisté durant mon clinicat dans le service de Jacques Bonnet pour tout ce qui touche à la détection et la prise en charge de l’athérothrombose au coté de Thierry Couffinhal.

Au terme de mon clinicat, je me suis installé sur la rive droite de la métropole bordelaise en succédant au Dr Guern en 2003, dans un cabinet où nous étions initialement 3 cardiologues. Nous sommes actuellement 4 cardiologues et une endocrinologue-diabétologue.

J’ai aujourd’hui une activité de consultation de cardiologie générale, de plus en plus tournée vers l’insuffisance cardiaque et une activité d’exploration non invasive avec une grosse partie d’écho d’effort.

Vous avez développé une compétence reconnue dans le syndicat des cardiologues avec une implication forte. Pouvez-vous nous détailler votre parcours militant ?

Représentant des internes, puis des chefs de clinique lors de mon parcours hospitalier, j’ai adhéré au syndicat des cardiologues d’aquitaine dès mon installation. J’ai dû participer comme délégué à ma première AG du SNC en 2006 coaché par mon mentor syndical Joël Ohayon, puis j’ ai intégré le CA en 2011, et le bureau en 2014 lors de la présidence d’Eric Perchicot. J’étais secrétaire général depuis 2020 jusqu’à ces dernières semaines, poste dont j’ai démissionné pour prendre la présidence du Conseil National Professionnel Cardio-Vasculaire (CNPCV) qui est la structure fédérative des quatre entités de notre spécialité (SFC, SNC, CNCF, CNCH).

Comment appréhendez-vous les nouveaux défis syndicaux et l’évolution de nos exigences de formation ?

L’équation est complexe car nous devons faire face à une diminution du nombre de cardiologues, une diminution du temps-médecin, une fuite des contingences que ce soit pour les gardes, les astreintes, la formation, l’engagement dans les structures socioprofessionnelles alors même que le nombre de patients atteints de maladies cardiovasculaires augmente parallèlement au vieillissement. Entre un hôpital en crise et des groupes d’hospitalisation privés drivés de plus en plus par des considérations capitalisitiques, la cardiologie libérale est indéniablement, elle aussi, en tension et contrainte à adapter ses modèles.

Dans ce contexte, nos organismes de formation devront eux-aussi savoir évoluer et adapter leurs offres pour accompagner cette mutation sociologique autant qu’organisationnelle : format des congrès, horaires des formations, simulations, e-learning attractifs sans parler bien sur du processus de re-certification qu’il faudra prendre à bras le corps.

Ces engagements importants vous laissent-ils le temps de cultiver des hobbies ?

Pour arrêter un peu le temps et me ressourcer ? 

La photographie surtout paysagère et urbaine mais plus encore la cuisine. Une recette préférée ? Daurade royale en croute de sel, purée de rattes aux salicornes arrosée d’un très bon vin blanc (donc nécessairement pas de Bordeaux !!!)

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