Les mots médicaux sont parfois les dépositaires du latin oublié

par Jacques Gauthier

Chez les Romains OS (os-oris) désignait la bouche dans le sens de ce qui franchit le seuil des lèvres à l’origine du champ lexical : oral, oralité… À l’opposé GULA sollicitait le goût initiant le champ lexical gueuleton, glouton, gosier… évoquant le péché originel composant le couple gula-luxuria. (Florent Quellier : « La gourmandise », éditions Armand Colin)

L’expression “ per so » sous-entend l’action d’avaler, se différenciant de la voie buccale ou sublinguale qui inclut le rôle de la salive, un malaxage en bouche (plus évident dans la mention à croquer, à mâcher).

Attention « os-oris » se distingue aussi de « os-ossis » qui répond à la définition de l’os en tant que charpente osseuse, anecdotiquement aussi voie de perfusion sélective pour les secours en montagne et les urgences vitales.

Quoi qu’il en soit, une voie d’absorption médicamenteuse souvent plus agréable que le « per anum » devenu « per rectum » pour éviter la confusion avec « per annum » : une seule fois par an. Chez les Romains, le « prandium » était le repas du midi, s’intercalant entre le « jentaculum » (qui rompt le jeûne de la nuit) et la « cena » qui prendra toute son importance en devenant le repas principal du soir.

Etrangement, l’expression « post-prandiale » (après le repas) a survécu au temps.

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