La régulation et le financement de l’e-santé au cœur des enjeux de l’après-Covid

TICpharma – Invités à s’exprimer le 17 septembre lors de l’événement Pharma HealthTech, Jacques Biot, ancien président de Polytechnique, et Jean-Marc Aubert, ex-directeur de la Drees et président d’Iqvia, ont appelé à réguler l’e-santé et à redéfinir le modèle de financement de la filière pour pérenniser ses avancées dans l’après-Covid.

L’événement Pharma HealthTech 2020 était organisé par le think tank en santé TechToMed et rassemblait les acteurs de santé autour de divers sujets liés aux nouvelles technologies en santé.

La quatrième table ronde de la journée était consacrée à l’attractivité et la souveraineté technologique en santé à la lumière des enseignements post Covid. Elle a réuni Jean-Marc Aubert, Jacques Biot et Régis Sénégou, directeur e-santé de Docaposte.

« L’épidémie de Covid-19 a rendu le problème des pénuries de médicaments beaucoup plus sensible », a constaté Jacques Biot, qui a lui-même travaillé dans l’industrie pharmaceutique. Il a appelé à « créer une économie de la connaissance et à développer des outils technologiques avec de l’intelligence artificielle (IA) » pour les prévenir. « La solution ne consiste pas juste à s’agiter sur sa chaise en disant ‘relocalisons’. »

Pour rappel, il avait été chargé par Matignon en octobre 2019 de mener une analyse des causes des pénuries de médicaments, en parallèle aux travaux menés sur le sujet dans le cadre d’un comité de pilotage installé par le ministère des solidarités et de la santé.

Le rapport rendu le 18 juin a notamment recommandé aux pouvoirs publics de mettre en œuvre une téléprocédure « permettant de standardiser l’information et donc de la centraliser dans ses bases de données » pour un traitement systématique et rapide des situations de ruptures de stock, rappelle-t-on également.

Interrogé sur les vecteurs de croissance du marché de l’e-santé, Jacques Biot a appelé à « développer la culture réglementaire des Français ».

« Au fond, on a une population qui pose la question de la régulation en cas d’incident ou d’accident mais qui, a contrario, quand l’Etat met en place une régulation, pousse des cris d’orfraie et en appelle à la liberté. »

« On a une grande industrie quand on a un grand régulateur. Pourquoi les américains ont une industrie pharmaceutique forte? Parce qu’ils ont un régulateur fort, puissant et intelligent : la Food and Drug Administration (FDA) », a-t-il expliqué. [En savoir plus]